En cette période des ordinations, voici un extrait de l'homélie du 21 juin 2015 de mgr Centène pour l'ordination de deux prêtres en la cathédrale de Vannes. Il y met en relief l'Amour du christ qui a saisi les futurs prêtres et leur mission au milieu des tempêtes.

Le prêtre est l’homme des tempêtes.
La barque de l’Eglise vogue sur les flots du monde, toujours prêts à se soulever.
Vous affronterez les petits grains médiatiques. Ils durent ce que dure le temps médiatique, une nouvelle chasse l’autre, « le flux les apporta, le reflux les remporte (Le Cid)». « Dieu apaise le vacarme des mers, le fracas de leurs flots et la rumeur des peuples. » (Ps. 65)
Vous affronterez les orages plus rudes suscités par les péchés des hommes, les vôtres et ceux des autres, l’orgueil de la chair toujours prêt à se réveiller, l’orgueil de l’esprit qui, dans son entêtement refuse de se rendormir en reconnaissant ses torts.
Vous affronterez les lames de fond du mystère d’iniquité, le grand combat eschatologique mené par celui qui ne veut pas reconnaitre sa défaite et qui jusqu’au jour du jugement refusera de lâcher prise.
Pascal soulignait le bonheur que l’on peut éprouver à être dans une barque battue par la tempête quand on a l’assurance qu’elle ne peut pas sombrer.
Mais il peut arriver qu’à l’intérieur de la barque nous soyons affectés par les remous extérieurs. Le psaume nous le dit « portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes, ils étaient malades à rendre l’âme, ils tournoyaient, titubaient comme des ivrognes, leur sagesse était engloutie. » (Ps. 106, 26-27)
Quand la sagesse est engloutie, il vaut mieux ne pas mêler sa voix au concert des propos ineptes. Mais n’oubliez jamais qu’il vaut mieux rester dans la barque ou dort le Christ plutôt que de chercher son salut en essayant de changer de barque.
Face à toutes les incertitudes qui pèsent sur votre traversée vous savez que le Christ est dans la barque et cela vous suffit. « Ta barque c’est ton coeur, disait saint Augustin, et Jésus dans la barque c’est la foi dans ton coeur. Si tu te souviens de ta foi tu n’es pas agité.» (Augustinus, Enarrationes).

Lire le texte de l'homélie en intégralité ICI