Dans plusieurs de ses oeuvres, dont son magistral "Jésus de Nazareth", Joseph Ratzinger avance des éléments de réponse. Dieu n'a pas supprimé la souffrance car le péché est un fait, il existe, et par le fait même la souffrance, qui est sa conséquence. Dieu ne minimise pas la faute, l’accumulation du mal et son expansion, Dieu ne peut nier le péché sans revenir sur notre liberté et la nier. Dieu ne peut pas non plus dire « ce n’est pas grave », car le mal blesse son cœur si aimant de Père. Mais l’homme, prisonnier du mal et du péché ne pouvant s’en sortir par lui-même, Dieu le Fils a pris sur lui tout notre mal à notre place. Il n’a pas compté nos péchés pour rien, comme si nos offenses n’étaient que des bagatelles. Il est allé « à la racine du mal », de la souffrance. Il a tout porté, et par sa mort, il a fait naître un Bien plus grand, le salut du monde. Dans sa Passion, Jésus a donné tout son sens à la souffrance : en la portant librement et dans l’obéissance à la volonté de son Père, il a donné pour toujours à l’homme la possibilité de lier la souffrance à l’abandon et à l’amour, même si un tel abandon peut être héroïque.