Respecter la liberté religieuse, c’est donc respecter la transcendance de la personne humaine, c’est aussi reconnaître qu’aucun homme n’a un pouvoir de domination sur son frère ou sa sœur. Tout homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il ne peut se réaliser qu’en Dieu. Saint Augustin avait bien compris cela : « Tu nous as fait pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose en Toi ».

Jésus a dit : « A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 24). Jean-Paul II, dans son important discours au Parlement européen en 1988 à Strasbourg, avait dit que l’Eglise se fondait sur cette phrase de Jésus pour affirmer la distinction des pouvoirs temporels et spirituels. L’Eglise ne revendique pas de pouvoir temporel, car sa mission est spirituelle, elle est en vue du Royaume de Dieu. Ceux qui exercent le pouvoir temporel n’ont pas de pouvoir sur la liberté spirituelle de l’homme.

Citons cet important passage de Benoît XVI : « Cette liberté des libertés (la liberté religieuse) est réelle lorsqu'elle est cohérente avec la recherche de la vérité et avec la vérité de l'homme. Tout ce qui s'oppose à la dignité de l'homme s'oppose à la recherche de la vérité et ne peut être considéré comme liberté religieuse ... Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant.

Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes, de leur foi, afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. L'homme ne peut pas être fragmenté, séparé de ce qu'il croit, car ce en quoi il croit a un impact sur sa vie et sur sa personne. Refuser une société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu qui, par nature, exprime une communion entre les personnes, reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne. C'est pourquoi la liberté religieuse, est un chemin vers la paix ».

Méditons profondément ces paroles de notre Saint-Père et soyons les promoteurs du respect de la vraie liberté religieuse. Comprenons aussi l’urgence du respect de la vraie liberté religieuse en ces temps où les chrétiens subissent les persécutions d’islamistes ou d’hindouistes fondamentalistes et les vexations ou persécutions morales des dictatures du relativisme. La liberté religieuse est un droit fondamental inhérent à la dignité de la personne humaine créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.