On pourrait rétorquer au Pape : ces deux millions de jeunes n’avaient pas honte de Jésus, puisqu’ils sont venus de tous les Continents vivre ces JMJ de Madrid afin de témoigner joyeusement de leur Foi et d’être enracinés et fondés dans le Christ ! Benoît XVI est un Pape réfléchi, sage et prudent. Il connaît l’évangile et l’histoire de l’Eglise. Il sait que les disciples de Jésus étaient enthousiastes devant les miracles de leur Maître et les foules qui se pressaient sur son passage. Mais il sait aussi que Jésus les a mis en garde : « Quiconque aura rougi de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui lorsqu’il viendra dans sa gloire » (Mc 8, 38 ; Lc 9, 26). Le contexte de cet avertissement de Jésus est à souligner : au milieu de la vie publique de Jésus, après la confession de foi de Pierre à Césarée de Philippe et la première annonce de la Passion.

En ce dernier dimanche d’août, nous avons entendu, dans l’évangile, Pierre faire des reproches à Jésus à cause de sa première annonce prophétique de la Passion. Cet apôtre ne pouvait pas comprendre que le Messie, qui devait régner éternellement, puisse être mis à mort par ses adversaires. L’enthousiasme des disciples, dans la première moitié de la vie publique de Jésus, empêchait Pierre et les autres apôtres de comprendre la prophétie de la Passion. Les jeunes à Madrid étaient aussi très enthousiastes, Benoît XVI en a été très ému, mais il a voulu les garder dans « le réalisme de l’espérance ». Leur Foi, en effet, ne sera pas vécue tous les jours dans un ciel sans nuage. Être enracinés et fondés dans le Christ, être affermis dans la Foi, cela suppose, comme l’a dit Jésus en conclusion du discours sur la montagne, de tenir bon dans les tempêtes (Mt 7, 25).

Benoît XVI n’a jamais eu honte du Seigneur. Il nous a demandé notre prière pour ne pas reculer devant les loups, parce qu’il était conscient que, dans la grande tempête de la Passion, Judas avait trahi, Pierre avait renié et tous les apôtres avaient lâchement abandonné leur Maître. Il n’est pas facile d’être témoins fidèles de la Vérité, de la morale et de la vie en toutes circonstances. Jean-Paul II, dans son dernier livre « Levez-vous ! Allons ! », a parlé de l’arme utilisée par les dictateurs : la peur. Cette arme est toujours utilisée dans les pays où nos frères et sœurs chrétiens sont persécutés. Cette arme peut aussi être utilisée d’une autre manière en nos « dictatures du relativisme » par la marginalisation, voire la « diabolisation ». Celui qui ose dire la vérité concernant l’avortement, l’euthanasie, la contraception, l’homosexualité, l’amour libre, les injustices sociales, la crise économique est, tout de suite, considéré comme l’ennemi des démocraties modernes. Pourtant, en tant que témoins du Christ, nous devons annoncer la vérité sur la vie, sur l’amour, sur la justice, sur la liberté, sur la paix. Benoît XVI sait que l’évangile dérange et qu’il est signe de contradiction.

Alors, en ce temps de rentrée, n’ayons pas honte du Seigneur, ne rougissons pas de Lui, ne Le renions pas afin qu’Il ne nous renie pas devant ses anges et son Père qui est dans les Cieux (Mt 10, 33 ; Lc 12, 9). Soyons courageux comme notre Pape.