Des membres de l’Eglise ont utilisé, en ces derniers mois, le mot christianophobie. Ce mot a été repris par le pape Benoît XVI dans un discours à la Curie romaine, le 20 décembre 2010. Il désigne différents types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse en Occident en particulier : le bannissement de la vie publique des fêtes et des symboles religieux, dont le crucifix.

La christianophobie concerne l'Occident et son indifférentisme religieux de plus en plus fort, mais aussi bien d’autres pays à majorité musulmane, ou ayant une forte identité religieuse hindoue ou bouddhiste. La christianophobie concerne aussi les pays à régime communiste, tels que la Chine ou la Corée du Nord, qui postulent un contrôle étroit de l'Etat sur la société. En janvier 2011, le sociologue italien Massimo Introvigne a été nommé représentant de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre « le racisme, la xénophobie et la discrimination ». Auteur d'un rapport sur « L'intolérance et les discriminations contre les chrétiens », il préside le Centre d'Etudes sur les nouvelles religions (CESNUR). Le contexte actuel de christianophobie nous permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles notre Pape a invité les jeunes à ne pas avoir peur d’être catholiques. Cet appel vaut également pour nous, en ce temps de rentrée !

Mais si la christianophobie est une réalité de notre temps, nous ne devons pas oublier de dire que Benoît XVI a été très bien accueilli - en plus de l’Espagne - en Angleterre et en Croatie. Je vous cite ce commentaire éclairant, copié sur le Site internet « eucharistiemiséricorde », sur sa visite en Angleterre, en septembre 2010 :

« Benoît XVI a laissé dans l’air de Westminster Hall un autre discours pour l’histoire, dans la foulée de ceux qu’il a prononcés à Ratisbonne, à l’Université de La Sapienza (en réalité non prononcé, mais écrit), aux Bernardins à Paris. Sa voix a été un écho de celle qui a résonné il y a cinq cents ans dans la même salle, dans la bouche du grand Thomas More, et on s’interroge de nouveau sur la place de la foi dans le processus politique. Devant les grands du Royaume Uni, le Pape indique que « chaque génération doit poser de nouveau quelles exigences les gouvernements peuvent imposer aux citoyens de manière raisonnable et au nom de quelle autorité peuvent se résoudre les dilemmes moraux ». Et ensuite il vise le cœur du problème : « si les principes éthiques qui soutiennent le processus démocratique ne se régissent par rien de plus solides que le simple consensus social, alors ce processus se présente évidemment fragile ». C’est là que réside le véritable défi pour la démocratie ».

Notre Saint-Père n’est pas complexé face aux hommes politiques des démocraties européennes. Il n’a pas peur d’être catholiques, il ne rougit pas du Christ, imitons-le ! N’oublions pas que, par le baptême, nous avons reçu la grâce de devenir enfants de Dieu, membres vivants de l’Eglise, fondée par Jésus. Ne nous laissons pas impressionner par les critiques contre l’Eglise, mais ayons la ferme conviction que l’évangile n’est pas une idéologie, mais l’accomplissement de la Révélation par la Vérité en Personne, Jésus, le Fils unique de Dieu. Partageons la conviction de Benoît XVI : la religion chrétienne n’est pas une menace pour les Nations européennes mais la solution ! Les Britanniques ont trouvé en Benoît XVI un Père et un ami.

Le commentaire du quotidien libéral espagnol, El Mundo, est à citer : « L'Espagne n'en est pas moins laïque qu'il y a une semaine. Cette expérience (des JMJ) nous porte à une réflexion : l'État est aconfessionnel et le gouvernement ne doit pas légiférer en suivant une quelconque morale religieuse, mais il doit aussi être conscient qu'on ne peut pas mépriser les sentiments d'une partie importante de la population. C'est un enseignement que laissent ces Journées : la collaboration loyale entre l'Église catholique et l'État - qui représente une société aux racines chrétiennes - doit être la règle et non une exception provoquée par un événement de cette grandeur ». Imitons Benoît XVI dans nos relations avec nos compatriotes et, par notre cohérence de vie, faisons en sorte que la christianophobie ne se développe pas davantage. Aidons nos frères baptisés à ne pas avoir peur d’être catholiques !