Satan connaît la fragilité humaine de l’Eglise et il a réussi, disait Paul VI, à y faire pénétrer ses fumées. Nous ne devons pas sous-estimer cette action de Satan en ce temps de Conclave. Bien évidemment, Jésus est plus puissant que Satan, le Cœur immaculé de Marie est plus puissant que Satan et Dieu le Père et le Saint-Esprit sont beaucoup plus puissants que lui. Benoît XVI nous a invités à la confiance, mais notre confiance ne doit pas être passive. Il a affronté des tempêtes et de bien dures tempêtes et il est demeuré à son poste. Il lui a semblé, en certains moments, que Jésus dormait dans la barque de l’Eglise, mais il a expérimenté qu’Il était là. Donc, nous avons confiance : Jésus est là et Il sera toujours là, mais nous ne savons pas ce qu’Il peut permettre encore comme tempêtes pour son Eglise ! Une chose est sûre : rien n’arrive sans sa permission et Il peut toujours tirer d’un mal un plus grand bien.

Nous avons donc confiance et nous prions afin que les Cardinaux puissent se mettre le plus rapidement possible d’accord pour l’élection du nouveau Pape. Prions tout particulièrement la Vierge Marie. Elle nous a obtenu Karol Wojtyla, puis Joseph Ratzinger, elle peut également nous obtenir un nouveau Pape qui guidera l’Eglise dans la continuité avec ces deux grands Papes. Un tel Cardinal existe dans le Cœur de Dieu, il nous faut l’obtenir par nos prières et nos offrandes mais surtout par notre unité et notre amour.

Les lectures de ce mercredi nous invitent à contempler avec émerveillement et amour ce Serviteur prophétisé par Isaïe et qui n’est autre que Jésus. Il est vraiment l’homme de l’Alliance de Dieu le Père qui a relevé le pays et fait sortir les captifs de leur prison. Ce pays relevé, aujourd’hui, c’est notre Europe apostate, notre Eglise de France qui souffre une terrible crise de vocations. Les captifs à qui Jésus dit : « sortez de vos prisons » sont les prisonniers des dictatures du relativisme, les prisonniers de la prison du « Moi égoïste », les prisonniers des puissances des ténèbres. L’Eglise, en ce temps propice à la nouvelle évangélisation, ne doit pas avoir peur de rappeler à ces prisonniers des temps post-modernes : « Venez à la Lumière qu’est le Christ, Il est la Lumière des Nations, Lumen Gentium, n’ayez pas peur de Sa Lumière, la Vérité ne fait peur qu’aux puissances des ténèbres, la Vérité ne s’impose que par la force de la Vérité, la Vérité n’écrase pas les adversaires de la Vérité mais elle les éclaire dans la douceur de l’Amour ! ».

Isaïe prophétise encore que l’homme de l’Alliance sera aussi le Bon Pasteur, Il fera paître les brebis en de bons pâturages. Jésus ne sera pas seulement le Pasteur des agneaux et des brebis du Peuple d’Israël, Il sera aussi le Pasteur de tous les agneaux et de toutes les brebis des Nations. Face à une telle prophétie, Isaïe demande au Ciel de crier de joie, à la terre d’exulter et aux montagnes d’éclater en cris de joie. Pourquoi sommes-nous si plats ? Pourquoi ne sommes-nous pas plus enthousiastes devant l’œuvre de la Rédemption ? Pourquoi n’avons-nous pas encore conquis toute l’humanité au Christ, Seul Rédempteur de l’homme ? Réfléchissons en vérité devant Jésus et prenons la décision d’être des missionnaires plus zélés et enthousiastes !

La dernière prophétie devrait nous faire crier encore plus fort notre reconnaissance envers Dieu notre Père. Jérusalem a subi la grande épreuve de la ruine et de l’exil de sa population à cause de ses péchés. Jérusalem a fait l’expérience de l’abandon de Dieu : « le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée ». Cet apparent abandon n’était pas, de fait, un véritable abandon, mais un châtiment miséricordieux comme Dieu l’a révélé au prophète Osée : Il a conduit son épouse infidèle au désert pour lui parler cœur à cœur. Ici, avec Isaïe, Il fait cette déclaration qui devrait nous toucher au plus profond de nos cœurs : « Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, moi, je ne t’oublierai jamais ». Voilà révélé le Cœur de Dieu le Père qui nous aime avec des entrailles maternelles et qui est l’Epoux fidèle de son épouse infidèle. Comment pourrions-nous douter d’un tel Dieu ? Redisons souvent à Dieu notre Père : J’ai confiance en Toi. Demandons à Jésus d’aimer un tel Père et de répondre à son Amour, non par des actes héroïques que nous sommes incapables d’accomplir, mais par une confiance de plus en plus grande d’enfant. Ce sont les enfants qui hériteront du Royaume des Cieux a dit Jésus. Redevenons donc des enfants, abandonnons l’orgueil sous toutes ses formes et faisons confiance en Dieu notre Père comme les enfants !