Les Cardinaux électeurs doivent donc entrer dans ce Conclave Liturgie avec un cœur libre par rapport aux pressions médiatiques et politiques, avec un cœur humble et ouvert aux inspirations du Saint-Esprit. C’est une condition très importante et c’est la raison pour laquelle toute l’Eglise universelle doit vivre avec gravité, sérieux et profondeur ce nouveau temps de Cénacle. Nous nous réjouissons des initiatives de certains pour entraîner à la prière. Mais nous sommes bien obligés de constater que tous les baptisés n’ont pas encore compris l’importance de vivre intensément dans l’union à Jésus et au Cœur immaculé de Marie ce Cénacle de l’Eglise universelle. Puisse ce temps de retraite nous aider, ici à St Pierre, à vivre dans l’esprit du premier Cénacle à Jérusalem : un seul cœur et une seule âme autour des apôtres et de la Vierge Marie !

Les lectures de ce troisième mardi de carême nous invitent à demander à Dieu sa miséricorde et, ensuite, à être des instruments de miséricorde. La prière d’Azarias dans la fournaise est admirable. Il comprend très bien les raisons pour lesquelles le Peuple de Dieu a été conduit en exil à Babylone : le Peuple n’a pas été fidèle à l’Alliance du Sinaï. Azarias ne peut plus offrir de sacrifices de taureaux ou d’agneaux dans le Temple de Jérusalem. Il ne peut, même plus, offrir un autre sacrifice. Alors que fait-il, en cette fournaise de feu qui devrait le conduire à la mort ? Il s’offre lui-même tout simplement en sacrifice. Il est déjà une figure de Jésus, mourant à notre place en étant crucifié et demandant pardon à son Père pour nos propres péchés.

Les mots utilisés par Azarias, nous les retrouvons également dans le psaume 50 : Dieu est touché par un cœur contrit et humilié. Donc, en ce temps de retraite, ce ne sont pas les exploits ascétiques qui comptent pour Dieu, même s’il est bien nécessaire de faire quelques petits sacrifices, ce qui est nécessaire c’est un cœur contrit et humilié. Demandons un tel cœur au début de cette Retraite.

Prions la Vierge Marie, la plus humble des créatures, de nous obtenir ces vertus qu’on lui demande si peu : douceur, humilité et miséricorde. La miséricorde est l’objet propre de l’évangile de ce jour.

Il n’est pas nécessaire de commenter la parabole si claire de Jésus et que tous comprennent facilement. La lecture patristique de ce jour était très importante : la prière et le jeûne ne suffisent pas et ne sont pas féconds s’ils ne sont pas fécondés par la miséricorde. La miséricorde est comparée par ce Père de l’Eglise à la pluie qui est nécessaire à la terre pour porter du fruit. L’agriculteur peut bien mettre le grain de blé en terre, il peut bien avoir fait beaucoup d’efforts pour préparer son champ, pour le garder propre et le protéger, mais s’il ne pleut pas, le grain de blé ne portera pas de fruits ! Il en est ainsi de nos efforts de carême. Nos sacrifices et nos prières ne porteront pas de fruits spirituels s’ils ne sont pas arrosés par la miséricorde. Alors, comprenons-le en profondeur : ce qui compte avant tout c’est la belle aventure de l’amour, selon l’expression de Mère Marie Augusta et selon le message de ce carême 2013 de Benoît XVI. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est devenue la plus grande sainte des temps modernes et docteur de la science de l’amour divin parce qu’elle a exercé héroïquement l’amour miséricordieux envers une religieuse avec laquelle elle n’avait aucun atome crochu !!! Aimer notre frère ou notre sœur qui vit en Australie, ce n’est pas difficile, mais aimer en vérité le frère ou la sœur qui vit, chaque jour, à côté de moi et qui n’a pas le même tempérament que moi est plus difficile, mais c’est un tel amour vrai qui obtiendra de grandes grâces.

Alors, pour les cardinaux qui vont entrer en Conclave, pour la paix du monde, pour la conversion des cœurs, aimons en vérité ce frère ou cette sœur qui n’a pas le même tempérament que moi ! Puisse cette Retraite avec Saint Jean permettre à nos retraitants de découvrir le mystère des mystères demeuré caché pendant des siècles : Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ! Puisse l’Eglise imiter le zèle et le courage de Benoît XVI et témoigner sans peur du mystère de l’Incarnation rédemptrice. Les hommes de notre temps, qui souffrent de l’éclipse de Dieu, doivent savoir que Dieu les aime et qu’ils sont appelés, eux aussi, à la joie parfaite et à l’amour parfait dans le Royaume de Dieu !