Ezéchiel, dans la première lecture, nous donne un vrai message d’espérance en ce temps de grave crise spirituelle, morale et économique. Dieu peut faire reverdir un arbre sec et sécher un arbre vert. Il peut prendre une petite bouture au sommet d’un grand cèdre pour la planter et en faire un arbre magnifique. Rien ne lui est impossible ! Notre Pape François, dans son discours au conseil de l’Europe qu’il nous faut absolument reprendre, a fait comprendre que si les racines de l’Europe se perdent, lentement le tronc se vide et meurt.

Aujourd’hui, disait-il, nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, à cause des nombreuses épreuves du passé, mais aussi à cause des crises actuelles, qu’elle ne semble plus capable d’affronter avec la vitalité et l’énergie d’autrefois. Une Europe un peu fatiguée et pessimiste, qui se sent assiégée par les nouveautés provenant des autres continents. À l’Europe, nous pouvons demander : où est ta vigueur ? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande ? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion ?

Ces questions nous concernent, prenons-les au sérieux ! Notre Saint-Père a confiance en Dieu, qui peut faire refleurir l’Europe, mais elle doit s’ouvrir à nouveau à Jésus. Avant de se rendre à Strasbourg, notre Pape François avait dit en confidence à des évêques européens qu’il voulait appeler l’Europe à s’ouvrir à Jésus. N’ayons pas peur d’ouvrir les portes de nos cœurs à Jésus, entraînons nos contemporains à faire de même et croyons en ce qu’a dit Jésus à Sainte Marguerite-Marie : si tu crois, tu verras la Puissance de mon Cœur !

Par Ezéchiel, Il nous dit aujourd’hui : Moi, le Seigneur, je l’ai dit et je le ferai. Répondons-Lui : Jésus, je crois, mais augmente ma Foi !

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous invite à la confiance en ce temps de pèlerinage vers le Royaume qu’est notre vie terrestre. Dans sa première homélie aux Cardinaux, notre Pape François disait :

nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG humanitaire, mais non l’Église, Épouse du Seigneur. Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : « Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable ». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon. Notre Saint-Père, en vrai fils de Saint Ignace, sait que le christianisme sans la Croix de Jésus n’existe pas. Ses premiers mots aux cardinaux ne révélaient-ils pas son programme de Pape réformateur ? Quand nous marchons sans la Croix, quand nous édifions sans la Croix et quand nous confessons un Christ sans Croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur : nous sommes mondains, nous sommes des Évêques, des Prêtres, des Cardinaux, des Papes, mais pas des disciples du Seigneur.

Puisse l’Esprit Saint, en cette journée de vœux, nous permettre de mieux comprendre la réforme que Dieu veut, non seulement pour la curie romaine mais aussi pour chacun de nous : nous dépouiller de la mondanité spirituelle pour vivre et rayonner la joie de l’évangile. Saint Paul résume cela en disant que la seule chose qui compte pour lui dans sa marche vers le Royaume, c’est de plaire au Seigneur ! Et nous ? Voulons-nous vraiment plaire au Seigneur ?

Jésus, dans l’évangile, nous invite à l’humilité et à l’espérance. La croissance du Royaume de Dieu dans l’âme ne se voit pas. Au Ciel, nous serons émerveillés de constater la grande sainteté des humbles et des petits qui n’ont pas fait de bruit sur la terre mais se sont efforcés d’imiter l’humble Vierge Marie. Puisse l’Esprit Saint faire germer et grandir la graine semée en notre âme au jour de notre baptême !

Jésus propose en vue de la perfection de la charité - à ceux qu’Il appelle librement - les conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, dons divins qui se greffent sur la grâce baptismale et l’expriment avec plus de plénitude. Puisse cette journée des vœux, en l’année de la vie consacrée, vous faire découvrir la beauté et la grandeur de la vie consacrée pour l’Eglise et le monde. Les consacrés sont le Cœur vivant de l’Eglise, ils doivent propulser l’Amour comme le cœur propulse le sang dans toutes les parties du Corps. L’Eglise a un urgent besoin de nouveaux consacrés pour remplir sa mission et aider l’humanité à édifier la civilisation de l’amour. Mère Marie Augusta était convaincue que Jésus lançait toujours ses appels à l’Amour. Elle invitait ses enfants spirituels à aller de l’avant dans leurs découvertes de l’Amour et à être des apôtres de l’Amour. A sa suite et à celle de notre Père Fondateur, désirons, dans la fidélité à notre devoir d’état, exercer l’apostolat irrésistible de l’Amour, encordés à ND des Neiges !