Chers frères et soeurs,

Il y a vingt-sept ans précisément aujourd’hui, le Seigneur appela le cardinal Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie, à succéder à Jean-Paul I, mort un peu plus d’un mois après son élection. Avec Jean-Paul II commença l’un des pontificats les plus longs de l’histoire de l’Eglise, au cours duquel un pape « venu d’un pays lointain » fut reconnu comme autorité morale y compris par de nombreux non chrétiens et non croyants, comme l’ont montré les émouvantes manifestations d’affection à l’occasion de sa maladie, et de profondes condoléances après sa mort. Sur sa tombe dans les grottes vaticanes se poursuit encore, ininterrompu, le pèlerinage de très nombreux fidèles. Ceci également constitue un signe éloquent montrant combien le bien-aimé Jean-Paul II est entré dans le cœur des personnes, surtout par son témoignage d’amour et d’offrande de soi dans la souffrance. Nous avons pu admirer en lui la force de la foi et de la prière, et un don de soi total à la Très Sainte Vierge Marie, qui l’a toujours protégé et aimé, spécialement dans les moments les plus difficiles et les plus dramatiques de sa vie.

Nous pourrions définir Jean-Paul II comme un pape totalement consacré à Jésus par Marie, comme le soulignaient bien ses armoiries : « Totus tuus ». Il fut élu au cœur du mois du Rosaire, et le chapelet qu’il tenait souvent entre les mains est devenu l’un des symboles de son pontificat, sur lequel la Vierge Immaculée a veillé avec une sollicitude maternelle. A travers la radio et la télévision, les fidèles du monde entier ont pu, de très nombreuses fois, s’unir à lui dans cette prière mariale et, grâce à son exemple et à ses enseignements, en redécouvrir le sens authentique, contemplatif et christologique (cf. Lettre ap. Rosarium Virginis Mariae, 9-17). En réalité, le chapelet ne s’oppose pas à la méditation de la Parole de Dieu et à la prière liturgique ; il représente même un complément naturel et idéal à la célébration eucharistique, en particulier comme préparation et comme action de grâce. Nous contemplons le Christ rencontré dans l’Evangile et dans les Sacrements, avec Marie, dans les différents moments de sa vie grâce aux mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux. A l’école de la Vierge, nous apprenons ainsi à nous configurer à son divin Fils et à l’annoncer avec notre propre vie. Si l’Eucharistie est pour le chrétien le centre de la journée, le chapelet contribue de manière privilégiée à élargir la communion avec le Christ et enseigne à vivre en gardant le regard du cœur tendu vers Lui, pour faire rayonner son amour miséricordieux sur tous et sur toute chose.

Contemplatif et missionnaire : voilà ce qu’a été le bien-aimé pape Jean-Paul II. Il l’a été grâce à son union profonde avec Dieu, nourrie chaque jour de l’Eucharistie et de temps de prière prolongés. Il est agréable et c’est un devoir de rappeler son souvenir à l’occasion de cet anniversaire, en cette heure de l’Angélus, qui lui était si chère, renouvelant notre action de grâce à Dieu pour avoir donné à l’Eglise et au monde un aussi digne successeur de l’apôtre Pierre. Que la Vierge Marie nous aide à mettre à profit son précieux héritage. "