Merci beaucoup pour les parutions très riches du site FMND. Je reçois la consigne spirituelle. Je voudrais débuter dans l'oraison, mais comment faire ? Je trouve des pistes dans la consigne mais concrètement, en quoi cela consiste-t-il ? Comment s'y prendre ? A part être là devant le Seigneur, là rien que pour lui, laisser remonter du coeur la phrase qui a fait tilt, ça risque très vite de partir dans tous les sens.

Pourriez-vous faire à l'occasion un topo avec des conseils, des chemins qui, j'en suis sûre, rendrait service à beaucoup. Peut-être ceci existe-t-il déjà dans un article du site, si c'est le cas, pourriez-vous m'indiquer où le trouver.

Merci d'avance. Union de prière. Annie

LA PRIÈRE EN GÉNÉRAL

Tout baptisé est appelé à l’union à Dieu. Notre première mission est donc la prière qui permet une union vivante avec la Très Sainte Trinité. Notre fondateur a écrit pour tous les membres de notre Famille Missionnaire de Notre-Dame : “La pratique des voeux conduit à un état de vie de prière. Et la prière obtient la réalisation quotidienne et normalement toujours plus parfaite de l’imitation de Jésus, qui, sans cesse, intercède pour les hommes. La prière n’a, en elle-même, aucune limite ni dans l’intensité ni dans le temps. Elle englobe toute la vie terrestre et initie à ce que sera la vie céleste. Sa mesure sera celle de la ferveur de l’âme et son dessein sera d’obtenir sans cesse une ferveur nouvelle. Plus on aime, plus on prie. C’est par la prière longue et fréquente que se fortifiera l’attachement amoureux à la divine personne de Jésus. Or il veut avec nous une union étroite, intense, parfaite. Le coeur à coeur avec Jésus doit se poursuivre même en dehors des temps consacrés totalement à la prière et c’est la prière qui obtiendra l’abondance des grâces de Dieu”.

I) QU’EST-CE QUE LA PRIÈRE ? (C.E.C. 2559-2565)

Le C.E.C. cite Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : “Pour moi, la prière, c’est un élan du coeur, c’est un simple regard jeté vers le ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie”. La prière est un don de Dieu car c’est Lui, d’abord, qui vient à notre rencontre, qui nous appelle à l’union vivante avec Lui, l’Époux du Cantique des Cantiques à la recherche de sa Bien-Aimée. Il veut sceller une Alliance d’Amour avec elle et Il la scelle dans la prière. Cette Alliance réalise une communion intime avec Dieu, aimé par dessus tout. La prière est donc la relation vivante des enfants de Dieu avec leur Père infiniment bon, avec son Fils Jésus-Christ et avec l’Esprit-Saint. Cette communion de vie est possible par les grâces du Bap-tême qui nous incorpore au Corps du Christ (C.E.C. 2565).

La prière est un don mais aussi une exigence. Quelle ingratitude ce serait de vivre avec la grâce de Dieu et d’oublier de prier les Personnes divines qui nous favorisent de dons si grands et de leur Présence ! “O mon Dieu, Trinité que j’adore, pacifiez mon âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice” (Élisabeth de la Tr. C.E.C. 260).

II) DIVERSES EXPRESSIONS DE LA PRIÈRE (C.E.C. 2700-2719)

La prière vocale (C.E.C. 2700-2704) : Jésus a institué une religion humaine. Il ne s’agit donc pas, dans la prière chrétienne, de faire le vide absolu mais d’utiliser des mots pour parler à Dieu, qui nous a parlé par sa Parole. La prière ne se réduit pas, c’est certain, à des paroles extérieures. Ce qui est important, d’abord, c’est la disposition de notre cœur, car si notre coeur est mauvais, les paroles de nos prières risqueront de ne pas être agréées de Dieu. Mais nous ne devons donc pas négliger la prière vocale, ni mépriser la religiosité populaire qui s’exprime par des prières vocales. Éduquons à la vraie prière : un coeur en harmonie avec les paroles proférées par la bouche.

La méditation (C.E.C. 2705-2708) :

Notre Retraite a pour but d’aider à développer cette forme de prière si importante. Le C.E.C. laisse une grande liberté aux chré-tiens : la méthode de méditation importe peu. L’essentiel est d’assimiler les vérités de la Révélation, de se les approprier afin qu’elles deviennent lumières pour notre vie.

Le C.E.C. est concret et équilibré : il demande de se servir de livres pour la méditation, qui est une recherche. La méditation n’est donc pas passivité, quiétisme, mais prière active. Elle ne doit pas, cependant, n’être qu’une activité intellectuelle, elle doit toujours déboucher sur l’essentiel : l’amour de Dieu et l’union intime avec Lui.

L’oraison (C.E.C. 2709-2719) :

Il est difficile de définir ce qu’elle est exactement, car elle peut bien se servir, la plupart du temps, de prières vocales intérieures et elle peut être aussi méditation. Sainte Thérèse d’Avila est celle qui l’a, peut-être, le mieux définie : “L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé” (C.E.C. 2709). Le Padre Pio, à sa manière, a fait comprendre aussi la différence entre médita-tion et oraison. Il disait que dans les livres on cherchait Dieu alors que dans la prière on le trouvait. Le Saint curé d’Ars aimait citer ce brave paysan qui avait intuitivement compris ce qu’était l’oraison : “Je L’avise et Il m’avise”.

“On ne fait pas oraison quand on a le temps : on prend le temps d’être pour le Seigneur, avec la ferme détermination de ne pas le Lui reprendre en cours de route, quelles que soient les épreuves et la sécheresse de la rencontre” (C.E.C. 2710).

Conseils pratiques utiles

Sachons organiser notre temps pour nos rendez-vous de prière. Prions l’Esprit-Saint pour demeurer dans la prière du cœur = le recueillement incessant au milieu de toutes nos activités. Efforçons-nous d’être tout à tous en nous gardant intégralement à notre Dieu. Développons l’activité intérieure intense.

III) COMBAT DE LA PRIÈRE (C.E.C. 2725-2745)

La prière est un combat pour tous, parce que le démon s’acharne pour la faire abandonner. Il inspire des objections (C.E.C. 2726-2727) : prier c’est perdre son temps ! Il crée des cultures de l’agitation et du bruit pour que l’on n’ait pas envie de prier et que l’on soit toujours occupé (programmes continus de télévision...). Il fait tout ce qu’il peut pour décourager celui qui veut prier : sécheresses, dégoûts. On a pu aussi manquer de foi, avoir été paresseux pour prier, abandonner parce que Dieu ne nous a pas exaucés comme nous l’aurions voulu, nous sommes alors responsables du combat !

Pour mener le bon combat, le C.E.C. nous invite à la vigilance et à la persévé-rance. Tous les Saints ont fait l’expérience du combat de la prière. L’Écriture nous révèle le combat mystérieux de Jacob contre Dieu (Gn 32, 23-33). Dieu permet au démon de nous tenter ! Il a permis les grandes tentations éprouvées par Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui ressentait un vide spirituel effroyable, semblable à celui de certains athées de notre siècle. Elle ne s’est jamais découragée. Que son exemple nous stimule : il ne suffit pas de prier lorsque l’on en a envie, mais de vaincre les tentations en augmentant notre temps de prière lorsque l’on n’en a aucune envie !

Trois grandes difficultés peuvent être rencontrées dans la prière :

a) Les distractions :

Prier, ce n’est pas se tendre pour éviter les distractions jusqu’à attraper des maux de tête ! Prier, c’est ouvrir son coeur, c’est vouloir rencontrer Dieu. Si l’on s’aperçoit que l’on a été distrait, revenons doucement à la prière en demandant pardon de nos distractions, sans s’affliger, car Dieu regarde avec beaucoup d’amour l’âme qui Le prie. De plus Dieu voit la bonne volonté. Aussi, si on choisit Dieu du fond du coeur et que l’on veut se donner à la prière et dans la prière, Dieu le voit et nous bénit, même si l’on est distrait et que l’on s’efforce avec amour d’être bien à sa prière. Mais Il voit aussi si on ne Le désire pas ! On ne peut pas tromper Dieu : “Une distraction nous révèle ce à quoi nous sommes attachés et cette prise de conscience humble devant le Seigneur doit réveiller notre amour de préférence pour Lui, en Lui offrant résolument notre coeur pour qu’Il le purifie” (C.E.C. 2729).

b) La sécheresse :

- épreuve de la foi : “Elle fait partie de l’oraison où le coeur est sevré, sans goût pour les pensées, souvenirs et sentiments, même spirituels. C’est le moment de la foi pure qui se tient fidèlement avec Jésus dans l’agonie et au tombeau” (C.E.C. 2731).
- causée par notre faute : “Si la sécheresse est due au manque de racine, parce que la Parole est tombée sur le roc, le combat relève de la conversion” (C.E.C. 2731). Attention : télévision, radios, lectures superficielles, fréquentations, loisirs, certaines musiques… !

c) Le découragement parce que Dieu n’exauce pas notre prière

Que demande-t-on dans la prière ? “Notre Père sait bien ce qu’il nous faut, avant que nous le Lui demandions (Mt 6, 8), mais Il attend notre demande parce que la dignité de ses enfants est dans leur liberté” (C.E.C. 2736). Il faut demander avant tout L’Esprit-Saint : “Puisque le coeur du Fils ne cherche que ce qui plaît au Père, comment celui des enfants d’adoption s’attacherait-il aux dons plutôt qu’au Donateur ?” (C.E.C. 2740).

Lorsque notre coeur est tourné vers Dieu, converti, et qu’il désire Dieu et sa volonté, il peut adresser à Dieu beaucoup de demandes qui pourront être exaucées. Sainte Colette, recluse, vit, en vision, Saint Jean et Sainte Magdeleine prier pour qu’elle reste ainsi toute donnée à la contemplation. Elle vit aussi Saint François et Sainte Claire demander qu’elle quitte son reclusage pour travailler à la réforme franciscaine. Elle vit enfin la Sainte Vierge lui prendre la main et la conduire vers Saint François !

Quelques moyens concrets :

  • S’endormir et se réveiller en priant (en n’oubliant jamais son ange gardien !).
  • Prendre l’habitude de la lecture spirituelle.
  • Cultiver le calme (certaines musiques et loisirs agités empêchent de prier).
  • Créer des lieux de prière : “Pour la prière personnelle, un coin de prière avec les Saintes Écritures et des icônes, afin d’être là dans le secret devant notre Père. Dans une famille chrétienne, ce genre de petit oratoire favorise la prière en commun” (C.E.C. 2691).
  • Prier est toujours possible, quelles que soient les tempêtes.
  • Prier est une nécessité vitale. La prière est comme l’oxygène dont notre âme a besoin pour respirer. Elle est aussi comme l’eau sans laquelle la plante ne peut pas vivre. Le C.E.C. rappelle cette phrase de St Alphonse, reprise par le curé d’Ars : “Qui prie, se sauve certainement ; qui ne prie pas se damne certainement”. (C.E.C. 2744).

IV) POURQUOI PRIER ?

  • Pour bénir et adorer Dieu (C.E.C. 2626-2628).
  • Pour demander (C.E.C. 2629-2633) : Jésus nous a dit de le faire (Lc 11, 9-13).
  • Pour intercéder (C.E.C. 2634-2636) : Jésus est notre modèle, Il intercède sans cesse auprès de son Père en faveur des pécheurs que nous sommes.
  • Pour remercier (C.E.C. 2637-2638) : Jésus rend grâces avant de ressusciter Lazare (Jn 11, 41). La Sainte Vierge exalte le Seigneur avec le Magnificat (Lc 1, 46-57). Beaucoup demandent, mais peu remercient (cf. dix lépreux guéris Lc 17, 12-18) !
  • Pour louer Dieu (C.E.C. 2639-2643) : la forme de prière qui reconnaît le plus immédiatement que Dieu est Dieu. Saint François d’Assise est modèle de cette prière de louange. La louange est au coeur de l’Office divin de l’Église.
  • Pour aimer Dieu par dessus tout ! La mesure de notre amour de Dieu est précisément la prière. Plus nous aimerons notre Dieu et plus nous Le prierons. Comptons le temps que nous donnons à Dieu : nous saurons si nous l’aimons en vérité !