Peut-être, David, à ce moment-là, dans son cœur pensait à toutes les mauvaises choses et aux nombreux péchés qu’il avait commis. Et probablement se disait-il à lui-même : « Mais moi je ne suis pas innocent ! Il n’est pas juste que mon fils me fasse cela, mais moi je ne suis pas saint ! ». Avec cet esprit, David choisit la pénitence : il pleure, il fait pénitence. Et cette montagne qu’il gravit, nous fait penser à la montée de Jésus. Lui aussi, dans la douleur et les pieds nus, avec sa croix, gravissait la montagne.Quand, en revanche, il nous arrive une chose de ce genre dans notre vie, nous cherchons toujours — c’est un instinct que nous avons — de nous justifier. Au contraire, David ne se justifie pas. Il est réaliste. Il essaie de sauver l’arche de Dieu, son peuple. Et il fait pénitence en gravissant la montagne.

Le long de son chemin pénitentiel, le roi rencontre un homme du nom de Shiméï, qui lançait des pierres contre lui et contre ceux qui l’accompagnaient. C’est un ennemi qui maudissait et proférait des insultes contre David. Ainsi Abishaï, un des amis de David propose-t-il au Roi de le capturer et de le tuer : « Celui-ci est un chien crevé » lui-dit avec le langage de son temps et pour souligner combien Shiméï était « une personne mauvaise ». Mais David l’en empêche et au lieu de choisir la vengeance contre tant d’insultes, il choisit de s’en remettre à Dieu. On lit en effet dans le texte biblique : « Voyez : le fils qui est sorti de mes entrailles en veut à ma vie. À plus forte raison maintenant ce Benjaminite — ce Shiméï ! Laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a commandé. Peut-être le Seigneur considérera-t-il ma misère et me rendra-t-il le bien au lieu de sa malédiction d’aujourd’hui ». Voici la troisième attitude : David s’en remet au Seigneur. Justement ces trois attitudes de David dans le moment d’obscurité, au moment de l’épreuve, peuvent tous nous aider lorsque nous nous trouvons dans des situations difficiles.

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 8 du 20 février 2014)