Dans le cœur de celui qui vit avec l’Église, les cloches du Rorate et les chants de l’Avent réveillent un saint et ardent désir ; et pour celui que désaltère la source intarissable de la liturgie, le grand prophète de l’Incarnation répète jour après jour ses puissantes menaces et ses promesses : « Cieux, répandez votre rosée ! Que des nuées descende le salut ! Le Seigneur vient ! Adorons-Le ! Viens, Seigneur, n’attends plus ! — Jérusalem crie ta joie, car ton Sauveur vient à toi. » Du 17 au 24 décembre, les Grandes Antiennes O du Magnificat (O Sagesse, O Adonaï, O Fils de la race de Jessé, O clef de la Cité de David, O Orient, O Roi des Nations), toujours plus pressantes et toujours plus ardentes crient leur appel : « Viens pour nous sauver ! » Et toujours plus lourde de promesse, la réponse parvient : « Voyez, tout est accompli » (dernier dimanche de l’Avent). Et enfin : « Aujourd’hui vous saurez que le Seigneur va venir, et demain vous le verrez paraître dans sa gloire. »

Edith Stein, Le Mystère de Noël. Trad. L. E. Zwiauer. Éditions de l ’Orante, 1955